La Réponse Catholique à l’Islam

Entre Dialogue Interreligieux et Evangélisation

André Villeneuve, Ph.D.

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L’Islam est la religion dont le taux de croissance est le plus élevé à la fois en Amérique et dans le monde. Selon un rapport de 2015 du Pew Research Center, ce taux restera supérieur à celui de toute autre grande religion pour les prochaines décennies à venir et l’Islam sera sur le point de dépasser le Christianisme au milieu du XXIème sièce. Au taux actuel il y aura plus de Musulmans que de Chrétiens dans le monde dès 2070.

Le but de cet article est d’étudier quelle a été la réponse Catholique à cette croissance de l’Islam en Occident depuis quelques dizaines d’années à la lumière de la conception de l’Eglise quant au dialogue interreligieux et à l’évangélisation. Nous soulèverons les questions suivantes : L’Eglise Catholique a-t-elle une stratégie cohérente en ce qui concerne l’Islam ? Cette stratégie fonctionne-t-elle ? Est-elle réaliste ? Est-elle en conformité avec la Parole de DIeu ?

Le pape lit le CoranJe commencerai par considérer l’attitude de l’Eglise Catholique vis-à-vis de l’Islam depuis Vatican II, en perspective avec les attitudes traditionnelles qu’elle eut naguère. Je ferai le point sur l’état actuel du dialogue interreligieux avec l’Islam et évaluerai les résultats de cette approche. Puis je me placerai d’un point de vue symétrique sur le dialogue interreligieux, précisément en regardant comment les Musulmans considèrent le Christianisme et l’Occident. J’étudierai aussi les activités Islamiques prosélytes, la « dawa », et la mesure de son efficacité pour convertir les occidentaux à l’Islam, ainsi que les réactions critiques à l’approche Catholique vis-à-vis de l’Islam. Finalement, en parallèle avec un examen succinct des cas de plus en plus nombreux de Musulmans qui ont expérimenté une rencontre avec Jésus, j’avancerai la proposition que l’évangélisation des Musulmans – avec une double composante de dialogue et de proclamation – est la réponse la plus « biblique » et la plus « Catholique » à l’expansion de l’Islam en Occident.

L’approche Catholique vis-à-vis de l’Islam depuis Vatican II

Depuis Vatican II, l’Eglise Catholique a adopté une attitude de conciliation vis-à-vis de l’Islam. Le dialogue interreligieux a eu tendance à se focaliser sur ce qui nous rapproche plutôt que sur ce qui nous différencie, pour encourager la réconciliation et l’entente mutuelle entre Chrétiens et Musulmans pour le plus grand bénéfice de la société et du monde. Cette approche est bien apparente dans la déclaration de 1965 sur les Religions Non-Chrétiennes, Nostra Aetate.

L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne.

La même approche de conciliation s’est poursuivie jusqu’à la déclaration la plus récente sur l’Islam – l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium (2013) du Pape François – où on lit que « le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence.» (EG 253). Ces mots contrastent avec le Discours de Ratisbonne de Benoit XVI sept ans plus tôt et qui fit l’objet de controverses; il y citait l’Empereur Byzantin Manuel II Paléologue qui disait que Mohamed n’avait apporté au monde que des choses « mauvaises et inhumaines, comme son commandement à répandre par l’épée les croyances qu’il prêchait ».

Réponses Catholiques Traditionnelles à l’Islam

La critique polémique de l’Islam exprimée par Paléologue n’a pas été du tout exceptionnelle dans l’histoire des relations Islamo-Chrétiennes, celles-ci s’étant souvent situées dans le registre de la confrontation agressive. Au plus loin dans l’histoire, des Chrétiens comme St Jean Damascène voyaient l’Islam comme une hérésie ou comme une « préfiguration de l’antéchrist » . Au moyen-âge, alors que les relations Islamo-Chrétiennes étaient à leur plus bas pendant les croisades, Pierre le Vénérable se lança dans une étude approfondie de l’Islam qui aboutit à la rédaction de deux ouvrages sur le sujet et il conclut qu’il s’agissait d’une « accumulation de toutes les hérésies Chrétiennes ».

On ne trouve pas de trace de tentatives missionnaires en milieu musulman avant l’émergence des Ordres Mendiants à la fin du Haut Moyen-Âge. Parallèlement aux entreprises de François d’Assise et du Franciscain Ramon Lulle, des Dominicains précoces s’impliquèrent également dans le dialogue avec les Musulmans, la plus part du temps par le biais de traités philosophiques ou polémiques. Malgré ces tentatives, l’activité missionnaire catholique à l’égard des Musulmans resta limitée et souvent empreinte d’une connotation polémique qui en limitait les fruits.

De la Polémique au Dialogue Interreligieux

Depuis Vatican II, l’Eglise Catholique a pris ses distances avec les approches de confrontation. Et l’attitude plus irénique vis-à-vis de l’Islam a cependant eu pour conséquence un quasi abandon de volonté missionnaire Catholique vers l’Islam. Les « Orientations pour un Dialogue entre Chrétiens et Musulmans » publiées en 1981 par le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux est un bon exemple de cette nouvelle approche Catholique.

Sans pour autant tenter d’effacer les différences entre le Christianisme et l’Islam, ces « Orientations » rejettent l’idée de vouloir convertir les Musulmans au Christianisme – et même de mettre en question leur foi. C’est ainsi, dit ce document, que « rien ne serait plus nocif au vrai dialogue que de tenter à tort des accommodations de la foi Chrétienne pour qu’elle devienne acceptable à un Musulman. Malgré le fait que le Coran impose un rejet catégorique des dogmes fondamentaux de la foi Chrétienne comme la Trinité, l’Incarnation et la mort rédemptrice du Christ, les « Orientations » invitent les Chrétiens à « donner à l’Islam une place toute spéciale en tant que religion monothéiste et prophétique qui n’est pas sans liens avec la tradition Judéo-Chrétienne et à considérer cette religion comme un lieu privilégié où peut être reçue la miséricorde divine, et ainsi le salut ».

Il est évident qu’il y a des divergences entre cette approche du dialogue interreligieux et la mission apostolique de l’Eglise. Certes le dialogue interreligieux a certainement toute sa place dans les relations du monde moderne, mais il ne devrait pas se dissocier de la mission évangélisatrice de l’Eglise. Tout en reconnaissant la possibilité que des Non-Chrétiens puissent avoir part au salut, l’Eglise affirme en même temps la nécessité de proclamer l’Evangile à tous les peuples parce que « tout salut vient du Christ-Tête par l’Église qui est son Corps » (CEC 846, LG 16). Comme l’affirme la déclaration « Dominus Iesus », « S'il est vrai que les adeptes d'autres religions peuvent recevoir la grâce divine, il n'est pas moins certain qu'objectivement ils se trouvent dans une situation de grave indigence par rapport à ceux qui, dans l'Église, ont la plénitude des moyens de salut » (DI 22).

Pour ce qui concerne l’Islam, le Pape Jean-Paul II écrivit dans « Entrez dans l’Espérance » (1995) : « Pour quiconque connait l’ancien et le nouveau Testaments, puis lit le Coran, il est clair que la Révélation divine y est drastiquement étouffée … Dans l’Islam, toutes les richesses de la révélation que Dieu donne de lui-même et qui constitue l’héritage de l’Ancien et du Nouveau Testaments ont été définitivement abandonnées ».

Cependant il semble bien qu’une approche du style « Plus Petit Commun Dénominateur » ait fait flores dans la plupart des positions exprimées par l’Eglise Catholique à propos de l’Islam depuis le Concile. On a du mal à trouver ne serait-ce que des allusions à un souhait de voir les Musulmans rencontrer en Jésus-Christ un Divin Rédempteur.

Attitudes Musulmanes à l’égard du Christianisme et de l’Occident

Quelle fut la réponse de l’Islam à l’attitude Catholique conciliatoire « douce » dans le dialogue interreligieux ? Y-a-t-il eu d’ailleurs une quelconque réponse des Musulmans ? Un nombre croissant d’observateurs a tiré la sonnette d’alarme depuis des années au sujet de la croissante rapide de l’Islam en Occident, qui va de pair avec une prolifération toujours plus importante du terrorisme Islamique dans le monde entier. Fondamentalement, on trouve à la racine de ces préoccupations la question centrale : sont-ce les jihadistes qui ont pris en otage ce qui est à la base une religion pacifiste, ou la violence est-elle inhérente aux enseignements de l’Islam ?

Bien que beaucoup de Musulmans soient des gens qui recherchent la paix et qui se plient aux lois, on ne peut nier que de nombreux passages dans le Coran et les Hadiths exhortent les Musulmans à conduire le jihad (la guerre sainte) contre les « kuffar » (infidèles), à l’imitation de Mohammed, prophète de l’Islam. A noter que la guerre sainte n’est pas un but en soi ; elle n’existe que pour favoriser l’expansion de l’Islam et arriver à soumettre les infidèles à un Etat global Islamique, en conformité avec la vision traditionnelle islamique du monde qui le voit partagé entre le dar al-islam (la Maison de l’Islam, c.a.d les nations qui sont déjà sous le régime islamique), et le dar al-harb (la Maison de la guerre, c.a.d. les nations qui ne sont as (encore) sous le régime islamique). Cette division n’étant que temporaire, car l’eschatologie islamique attend un monde où toute idolâtrie a disparu et om l’Islam règne en maître absolu. Selon le Coran et les Hadith, « la maison de l’Islam » doit faire la guerre aux infidèles jusqu’à ce que le monde entier soit islamisé et placé sous la loi de la Sharia.

Comment atteindre cet objectif dans des pays où les Musulmans sont encore en minorité ? Par le « jihad dissimulé », c’est-à-dire une avancée graduelle de l’idéologie Islamique dans des sociétés non musulmanes où les Musulmans, tant individuellement que regroupés et organisés doivent conduire « un effort généralisé pour transformer des sociétés plurielles en états islamiques, et pour éliminer les idées occidentales d’égalité, de liberté de conscience, de liberté d’expression et d’autres encore. »

Des acteurs essentiels pour le jihad culturel mondial sont les Frères Musulmans qui précisèrent dans un document de 1982 les 12 points qui définissent la stratégie pour « établir un Etat Islamique sur la terre » et recommandent d’éviter la « confrontation avec l’ennemi » pour utiliser plutôt la ruse pour cacher les objectifs réels des actions islamistes. En 1991, un document des « Frères Musulmans » établit un plan et une stratégie pour conquérir et islamiser les Etats-Unis. Dans ce memo il est précisé que les « Frères » doivent comprendre que « leur travail en Amérique est une sorte de grand jihad destiné à éliminer et détruire la civilisation occidentale de l’intérieur et à saboter cette misérable maison de leurs propres mains et de celles de tous les fidèles pour l’éradiquer et permettre à la religion d’Allah d’être victorieuse de toutes les autres religions. »

La stratégie à utiliser pour cet objectif consiste à établir l’Islam aux USA par la Dawah (prosélytisme islamique) pour faire pénétrer l’Islam dans les cœurs, dans les intelligences et dans les vies des citoyens de ce pays.

Pour résumer, les textes sacrés de l’Islam enseignent que les Chrétiens et les autres Non-Musulmans sont des infidèles qui doivent être assujettis à l’Islam pour que celui-ci puisse régner en maître sur le monde. Par le « jihad caché », les Musulmans doivent infiltrer l’Occident pour l’amener progressivement à se retrouver sous domination islamique. La vision Musulmane du Christianisme est d’évidence à l’extrême opposé de l’objectif Catholique d’entrer dans un dialogue respectueux avec les Musulmans pour essayer de mieux se comprendre mutuellement et de promouvoir ensemble une meilleure justice sociale et le bien-être moral, dans la paix et la liberté.

La Dawah islamique en Occident

Dans son livre « La Dawah islamique en Occident », l’auteur Larry Poston a étudié « Les Activités Missionnaires Musulmanes et la Dynamique des Conversions à l’Islam » en Amérique du Nord, incluant à la fois la « Dawah indirecte » ou « conversion par exemple de style de vie » et la « Dawah directe » par la proclamation et le prosélytisme. Poston recense avec rigueur les diverses méthodes utilisées pour arriver à cette fin, depuis les contacts amicaux et personnalisés jusqu’à la diffusion de littérature Islamique et jusqu’à l’utilisation des média avec l’aide des organisations officielles musulmanes ; tout cela pour convertir les infidèles à l’Islam et, pas à pas, islamiser les nations occidentales.

Les succès de la Dawah : conversions à l’Islam

L’efficacité de la Dawah musulmane se mesure au nombre croissant de conversions à l’Islam tout autour du monde, y compris dans des nations occidentales comme les USA. Pourquoi tant d’hommes et de femmes se convertissent-ils à l’Islam ? Beaucoup réagissent par là à la décadence de la société occidentale. Pour d’autres l’Islam leur apparait comme une bonne solution pour mettre de l’ordre dans leur vie, avec « un programme de vie complet qui contraste avec la vie sans règles ni repères que leur offre la société sécularisée ». Ce nombre croissant de conversions du Christianisme à l’Islam met en question de façon lancinante l’opportunité de l’approche actuelle du Catholicisme vis-à-vis des Musulmans et du monde de l’Islam.

Mise en question de l’Approche Catholique vis-à-vis du Dialogue avec l’Islam

On voit donc qu’il y a un abîme de différences entre le Christianisme et l’Islam et leurs conceptions respectives du dialogue interreligieux. Alors que les Catholiques dans un dialogue avant tout respectueux étouffe toute tentative d’évangélisation, beaucoup de Musulmans à titre individuel ou bien plus institutionnellement recherchent, sans le dire ouvertement et en camouflant les approches derrière une façade de dialogue amical, à mettre en place des réseaux efficaces variés sophistiqués et agressifs promouvant la Dawah.

Quelques voix connues se sont élevées contre cette approche Catholique de dialogue de tolérance avec l’Islam et ont apporté des objections vigoureuses. L’une d’entre elles est celle d’un journaliste naturalisé Italien, né Egyptien, écrivain et homme politique, Magdi Cristiano Allam. Né et élevé au sein d’une famille Musulmane au Caire, Allam finit par se convaincre que, par nature, l’Islam ne pouvait être « modéré ». Au fur et à mesure qu’il devenait plus critique de l’Islam, il se sentait attiré toujours plus par Jésus et par la religion Chrétienne. Il fut baptisé dans l’Eglise Catholique par le Pape Benoit XVI pour les vigiles de Pâques le 23 mars 2008. Au moment de sa conversion, Allam présenta ses félicitations à Benoit XVI pour son « courage et son geste historique », tout en encourageant fortement l’Eglise à des actions concertées d’évangélisation des Musulmans. Puis, après sa conversion, Allam en vint à critiquer l’approche conciliatoire de l’Eglise vis-à-vis de l’Islam. Cinq ans après son baptême, il annonça qu’il quittait l’Eglise Catholique (mais restait Chrétien), essentiellement pour protester contre « l’attitude lénifiante par rapport à l’Islam », mettant en garde contre « une soumission à terme de l’Europe à l’Islam » si celle-ci n’avait pas le courage de dénoncer l’Islam comme incompatible avec notre civilisation et avec les droits fondamentaux de l’homme ».

Une autre critique du dialogue Islamo-Catholique a été émise par un autre Egyptien, Jésuite et islamologue, le Père Samir Khalil Samir. Commentant les recommandations du Pape François pour un dialogue avec l’Islam dans Evangelii Gaudium, Samir prenait note de certains « aspects délicats et problématiques des relations avec l’Islam » qui « demandaient clarification ». En particulier, quand le Pape François exprime benoitement que « le vrai Islam et une interprétation juste du Coran sont opposés à toute violence » ne dit-il pas par là un vœu pieux plutôt qu’une réalité car, de fait, la violence se trouve dans le Coran. Et pourtant, Samir considère que la présence toujours plus importante de Musulmans en Europe et dans l’Occident devrait être une opportunité pour qu’ils soient amenés à Jésus Christ. Et il est choqué que si peu de Chrétiens semblent intéressés par ce challenge.

L’Evangélisation des Musulmans : Mission impossible ?

Allam et Samir sont d’accord pour dire que la seule réponse authentiquement Chrétienne à l’expansion de l’Islam en Occident est l’évangélisation des Musulmans. Un autre auteur, William Kilpatrick se joint à cet avis et argumente en observant qu’en face du jihadisme islamique les « lumières » laïques partent vaincues par avance. Tous, avec bien d’autres universitaires et critiques spécialistes de l’Islam, arrivent à la conclusion que seule la conversion des Musulmans au Christianisme peut nous sortir de l’impasse. Est-ce là une « mission impossible » ? Kilpatrick pense que non. Il explique que malgré l’apparente force, puissance et détermination de l’Islam, celui n’est qu’un fragile château de cartes d’un point de vue intellectuel et théologique qui ne tient pas pour peu qu’on en scrute les fondements. Il faut faire rivaliser avec l’Islam une foi Chrétienne présentée de façon tangible et solide. Le problème est que bien peu de Chrétiens à titre individuel ou collectif ne sont prêt à cela. En particulier on peine à entendre l’Eglise Catholique parler de l’évangélisation des Musulmans.

Quand on regarde plus attentivement il y a de fait des apostolats nombreux auprès des Musulmans si l’on veut bien regarder au-delà de l’Eglise Catholique. Peut-être qu’aujourd’hui le plus impressionnant héraut à s’adresser à l’Islam est le Père Zacharias Botros, égyptien de naissance, prêtre copte et qui vit aujourd’hui aux Etats-Unis. Le ministère du Père Zacharie à abouti à des conversions en nombre de Musulmans. Quelle est donc la raison de son succès ? Contrairement à d’autres en Occident qui critiquent l’Islam sur le plan de la politique, il n’a pour seul objectif que la conversion des âmes. Botros fait une distinction drastique entre une religion et les personnes qui la pratiquent :

Autant je rejette l’Islam, autant j’aime les Musulmans. Et donc, pour sauver ceux-ci, je ne peux que montrer en quoi celle-là n’est qu’une pseudo-religion. Le Christ nous a demandé d’annoncer la Bonne Nouvelle. Il serait bien faux de dire que les chrétiens doivent évangéliser les peuples du monde—sauf les Musulmans !

Des Musulmans qui font une Rencontre de Jésus

Alors même que beaucoup d’Occidentaux se convertissent à l’Islam chaque année, déçus qu’ils sont du néant qu’apporte le laïcisme et indifférents à un Christianisme timide, beaucoup de Musulmans à l’inverse font de vraies rencontres avec Jésus-Christ et se convertissent au Christianisme. Les missionnaires impliqués dans ce domaine pensent même que nous vivons actuellement une possible conversion en masse de Musulmans au Christ comme on ne l’a jamais vu dans l’histoire. Dans son livre « Un Grand Vent dans la Maison de l’Islam », le missionnaire baptiste David Garrison estime qu’il y a entre deux et sept millions d’anciens Musulmans dans le monde de l’Islam à s’être convertis au Christianisme depuis vingt ans.

Pourquoi un Musulman se convertit-il au Christianisme ? Garrison a identifié dix « Ponts vers Dieu » qui se sont révélés opérants pour conduire des Musulmans au Christ. Parmi eux on note la foi héroïque et la prière d’intercession des missionnaires, la puissance des Ecritures, l’action surnaturelle de l’Esprit Saint, le témoignage de fidèles Chrétiens, la communion avec le communauté de croyants, le Corps du Christ, la communication et l’inculturation ; ces éléments essentiels permettent aux Musulmans de faire une rencontre personnelle avec le Christ ; et ces convertis d’origine musulmane, par leur propre recherche de la vérité ainsi que par leur propre vision des limites de l’Islam deviennent alors des disciples engagés.

Garrison propose aussi cinq pas pratiques que tout croyant Chrétien peut faire pour participer à l’action rédemptrice de Dieu parmi les Musulmans : prier pour leur salut, aider les organisations missionnaires qui travaillent pour leur conversion, les approcher, établir des liens avec leurs communautés et partager l’évangile avec eux.

Vraiment ne serait-il pas temps de repenser l’approche Catholique de l’Islam à la lumière de ce que demande l’Evangile et de la tâche missionnaire de l’Eglise, comme exprimé par Benoit XVI :

L’amour conduit tous ceux qui partagent la foi Chrétienne à entrer en dialogue avec les adeptes d’autres religions pour leur proposer, sans leur imposer, la foi au Christ qui est « le Chemin, la Vérité, la Vie » (Jn 14,16)

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